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Accouchement à la maison : récit de naissance de mon 2e enfantement physiologique

  • Photo du rédacteur: Mayali Palma
    Mayali Palma
  • il y a 2 jours
  • 6 min de lecture

Ça a été vraiment différent de la naissance d'Éli.


Déjà, le postpartum se passe vraiment mieux. Avec Éli, l'accouchement avait été plus long, on avait fini par être transférés à l'hôpital après plusieurs heures de poussée, puis après ça il y avait eu les difficultés d'allaitement, les inquiétudes avec son poids, le fait qu'on ait été séparés un peu à sa naissance. Je trouve que le lien d'attachement avait pris plus de temps à se construire.


Cette fois-ci, juste le fait d'accoucher à la maison et de rester ici après la naissance, ça a fait une énorme différence. L'allaitement s'est installé beaucoup plus facilement. Je savais un peu plus à quoi m'attendre. On a été collés-collés pendant longtemps. Le lien s'est créé tout de suite. Même physiquement, ma récupération va mieux. 


Pour l'accouchement lui-même, les contractions ont commencé tranquillement le mardi pendant mon rendez-vous d'acupuncture.


Mon rendez-vous était vers 13h et j'ai commencé à sentir quelques contractions pendant que j'étais là. Rien de très intense, mais je sentais que ça travaillait tranquillement.


En revenant à la maison, les contractions continuaient. Aux dix minutes, aux six minutes. C'était léger, mais je sentais que le travail essayait de s'installer.


Quand Éli est revenu de la garderie, ça commençait à se rapprocher un peu plus. J'ai demandé à ma mère de venir le chercher pour le souper et le dodo parce que je voyais bien que ça s'en venait.


Au fil de la soirée, les contractions sont devenues plus rapprochées et plus fortes. J'ai appelé ma sage-femme juste pour lui dire : « Je pense que ça commence. Pas besoin de venir tout de suite, mais ça risque d'être cette nuit. »


Puis vers 21h, les contractions se sont espacées.


Elles étaient rendues aux quinze minutes environ.


Je me souviens m'être dit : « Ah non... ça recommence. »


Avec Éli, j'avais passé plusieurs nuits blanches en latence. J'avais peur que ça fasse la même chose. Que ça ralentisse complètement et que je me retrouve encore à ne pas dormir de la nuit.


Mais en même temps, je sentais qu'il y avait autre chose.


J'avais comme une petite anxiété de fond.


Pas une grosse peur envahissante, mais quelque chose qui était là.


J'approchais de 42 semaines et même si j'étais en paix avec ça, on m'avait tellement parlé des risques associés au dépassement de terme que chaque fois que je sentais moins le bébé bouger, j'avais une petite pensée qui montait, une fébrilité dans on coeur.


Puis il y avait aussi le souvenir de la naissance d'Éli.


Les tours de cordon, la dystocie des épaules, les difficultés respiratoires et le fait qu'il avait fallu l'aspirer.


Je repensais surtout à ce que mon chum avait dit après sa naissance : qu'une chance qu'on n'avait pas été seuls à la maison et que les sages-femmes étaient là avec tout ce qui s'était passé.


Je pense que ça jouait encore dans ma tête. Pas tellement la peur que quelque chose tourne mal, mais plutôt celle que tout aille très vite et que la sage-femme n'ait pas le temps d'arriver, au cas où.


Vers minuit, ça m'a frappée.


Une partie de moi avait besoin d'être rassurée avant d'accepter de partir complètement en travail.


Je sentais que les contractions voulaient repartir, mais il y avait quelque chose qui retenait le processus.


J'ai dit à Gustave qu'on devrait appeler la sage-femme.


Pas parce que j'avais absolument besoin qu'elle soit là tout de suite.


Mais parce que je voulais entendre le cœur du bébé.


Je voulais savoir qu'il allait bien.


Et je voulais aussi savoir que si jamais ça accélérait rapidement, quelqu'un (de compétent!) serait là.


Et c'est fou parce que dès qu'on l'a appelée, j'ai senti mon corps se détendre.


Comme si j'avais enfin obtenu la permission de continuer.


Les contractions sont redevenues régulières presque immédiatement.


Aux quatre ou cinq minutes.


Et là, le vrai travail a commencé.


Elle est arrivée vers 1 h 30.


J'ai demandé à être examinée.


J'étais déjà à cinq ou six centimètres !


Et honnêtement, ça allait super bien.



Toute la nuit a été vraiment belle.


Vers 2h30, on avait aussi appelé ma doula. Pas parce que j’avais particulièrement besoin d’aide à ce moment-là, mais parce que j’avais peur que tout aille trop vite et qu’elle n’ait pas le temps d’arriver. Finalement, sa présence a été super précieuse.


Je garde un très beau souvenir de toute cette partie-là du travail.


On était dans une ambiance tamisée.


À la maison.


On faisait des blagues entre les contractions.


Ma sage-femme tricotait dans son coin.


Elle n'était jamais dans mes pattes.


Elle venait écouter le cœur du bébé aux trente minutes, me donnait un peu d'encouragement quand j'avais l'impression que ça n'avançait pas assez vite, puis elle me laissait retourner dans ma bulle.


J'ai vraiment aimé ça. Je me souviens m’être dit que les contractions étaient moins douloureuses que dans mon souvenir.


Le fait d'être à la maison faisait aussi une énorme différence.


Je pouvais bouger librement.


Je pouvais décider moi-même quand changer de position.


Je pouvais me dire : « OK, je vais rester ici pour cinq contractions, après je vais aller faire pipi, boire un verre d'eau, puis essayer une autre position. »

J'étais vraiment dans mon accouchement.


Je me suis même fait un matcha au lait moussé entre 2 contractions.


Puis à un moment donné, j'ai commencé à voir la lumière du jour.


Et là je me suis dit :

« Ouf... ça commence à faire longtemps que je suis en contractions. »


Quand elle m'a réexaminée, j'étais autour de six ou sept centimètres. 


Le bébé avait un peu descendu, mais pas tant que ça.


Et là j'ai compris qu'il me restait probablement encore plusieurs heures devant moi. 


Un peu de découragement.


J'étais positive au streptocoque B et je voulais éviter les antibiotiques si possible (j’avais travaillé si fort sur mon microbiote toute la fin de ma grossesse). On attendait donc avant de percer les membranes.


Mais vers 8h30, comme le bébé ne descendait pas, on a décidé de le faire.


Vers 9h15, je suis allée dans le bain pendant une quinzaine de minutes. Ça a espacé les contractions et m'a donné un petit répit. J'avais même l'impression que l'envie de pousser commençait à s'installer. Ma mère est arrivée pendant ce temps là.


Dans ma tête, c'était simple.


C'est un deuxième bébé.


On perce les membranes.


Sa tête s'appuie sur le col.


Quelques poussées.


Merci bonsoir.


Finalement, pas du tout.


Les contractions sont devenues plus fortes, mais le bébé ne descendait toujours pas.


Puis à un examen, on a compris pourquoi.


Il était en postérieur.


Et là, j'ai eu un bon moment de découragement.


Parce que je savais que ça risquait d'être une autre histoire.


Avec Éli, j'avais senti la poussée réflexe. Mon corps poussait presque tout seul.


Cette fois-ci, je ne l'ai jamais sentie.


Jamais.


J'ai dû pousser “à frette” pendant plus de deux heures.


À chaque contraction.


Avec toute la force que j'avais.


J'étais tellement épuisée.


Vers la fin, à chaque poussée, j'avais l'impression que j'allais m'évanouir.


Je n'avais presque pas le temps de reprendre mon souffle avant qu'il faille recommencer.


Puis vers midi les discussions ont commencé :

« Si dans trente minutes il n'est pas sorti... »


Puis :

« Si dans quinze minutes il n'est pas sorti... »


Puis :

« Si dans cinq minutes il n'est pas sorti... »


Et moi j'étais juste comme :

« Non. Non. Non. » Je ne pouvais pas imaginer être transférée à l'hôpital après tout ça.


Je ne pouvais pas imaginer faire le trajet en ambulance avec un bébé déjà engagé aussi bas.


Alors j'ai poussé comme je n'avais jamais poussé de ma vie.


Et finalement...


Sa tête est sortie.


Puis son corps.


À 12h29, après deux heures et quart de poussée.


Et là, tout le stress est tombé.


Parce qu'il était parfait.


Pas de tour de cordon.


Pas de dystocie des épaules.


Pas de difficulté respiratoire.


Tout allait bien.


Et aujourd'hui, quand je regarde cette naissance-là, ce dont je me souviens surtout, c'est à quel point elle a été intense, mais aussi à quel point elle a été réparatrice.


J'ai accouché chez moi.


Je me suis sentie soutenue.


Je me suis sentie en sécurité.



Et aujourd'hui, j’écris ce texte avec mon petit Manuel en porte-bébé collés-collés, l'allaitement va bien, le postpartum est doux, et je suis tellement reconnaissante de la façon dont tout s'est terminé.


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© 2018 par Mayali Palma / 514-240-5208

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