Fertilité en déclin : les perturbateurs endocriniens
- Mayali Palma

- 2 avr. 2020
- 3 min de lecture
Dernière mise à jour : il y a 4 jours
On parle beaucoup de l’horloge biologique.
Du stress.
De l’âge.
Mais on parle moins de notre exposition quotidienne aux perturbateurs endocriniens.
Les travaux de l’épidémiologiste Shanna Swan — notamment dans son livre Count Down — ont contribué à faire émerger une réalité troublante :
Depuis les années 1970, la concentration de spermatozoïdes a chuté de plus de 50 % dans plusieurs pays occidentaux (Levine et al., 2017).
Et les troubles hormonaux, tant chez les femmes que chez les hommes, sont en augmentation.
Ce n’est pas une coïncidence isolée.
C’est une tendance environnementale.
Que sont les perturbateurs endocriniens ?
Les perturbateurs endocriniens (PE) sont des substances chimiques capables d’interférer avec notre système hormonal.
Or, notre système hormonal est un réseau de communication extrêmement précis qui régule :
la fertilité
l’ovulation
la qualité ovocytaire
la spermatogenèse
le métabolisme
le développement fœtal
Cet équilibre permet aux hormones de :
agir au bon moment
en bonne quantité
pendant la bonne durée
être métabolisées (notamment par le foie)
puis éliminées
Lorsque ce système est perturbé, les effets peuvent être subtils… ou majeurs.
Comment ces substances agissent-elles ?
Les PE peuvent :
1. Mimer une hormone (comme l’œstrogène) et activer un signal au mauvais moment
2. Bloquer un récepteur hormonal et empêcher l’hormone naturelle d’agir
4. Modifier la production hormonale
5. Altérer l’expression génétique (mécanismes épigénétiques)
Un point crucial mis en lumière par Shanna Swan : les effets ne dépendent pas seulement de la dose, mais aussi du moment d’exposition.
Les périodes les plus vulnérables :
vie fœtale
petite enfance
puberté
grossesse
Cela signifie que l’exposition d’aujourd’hui peut influencer la fertilité de la prochaine génération.
Quels impacts sur la fertilité féminine ?
Les études associent l’exposition aux PE à :
troubles ovulatoires
cycles irréguliers
anovulation
diminution de la réserve ovarienne
endométriose
fausses couches
infertilité inexpliquée
Certains pesticides, phtalates et bisphénols sont associés à des altérations de la stéroïdogenèse ovarienne (production d’œstrogènes et de progestérone).
Et pendant la grossesse, plusieurs de ces substances traversent le placenta.
La fertilité n’est donc pas uniquement individuelle.
Elle est environnementale.
Où sommes-nous exposés ?
Les PE sont présents dans :
plastiques alimentaires (BPA, phtalates)
produits ménagers
cosmétiques
pesticides
peintures
textiles
eau contaminée
métaux lourds (mercure, plomb)
Nous y sommes exposés par :
l’air
l’alimentation
l’eau
la peau
Il ne s’agit pas d’une exposition ponctuelle, mais d’une exposition chronique et cumulative.
Faut-il paniquer ?
Non.
Mais faut-il ignorer le problème ?
Non plus.
Les données scientifiques suggèrent que la réduction de l’exposition peut avoir un impact mesurable.
Certaines études montrent que :
Passer à une alimentation biologique diminue rapidement les métabolites urinaires de pesticides.
Éviter les plastiques alimentaires réduit les niveaux urinaires de BPA et de phtalates (Rudel et al., 2011).
Cela signifie que le corps répond lorsque l’exposition diminue.
Reprendre du pouvoir : des gestes concrets
Il ne s’agit pas de viser la perfection. Il s’agit de réduire la charge globale.
Voici des actions simples et réalistes :
Remplacer les bouteilles et contenants plastiques par du verre ou de l’acier inoxydable
Éviter de chauffer des aliments dans du plastique
Limiter les aliments en conserve
Lire les étiquettes des cosmétiques (éviter phtalates et parabènes)
Choisir des produits ménagers plus simples
Laver soigneusement fruits et légumes
Filtrer l’eau
Petit à petit.
Les effets sont cumulatifs. Les bénéfices aussi.
Et la détoxification ?
Nous ne pouvons pas éliminer toute exposition.
Mais nous pouvons soutenir nos voies d’élimination :
foie
intestin
reins
poumons
peau
Sommeil, digestion, gestion du stress, alimentation riche en nutriments…Tout cela influence la capacité du corps à métaboliser et éliminer les toxines.
Pourquoi ce sujet est important en fertilité ?
Parce que lorsque l’on accompagne un projet bébé, on parle :
d’ovulation
de qualité ovocytaire
d’implantation
d’équilibre hormonal
Mais on oublie parfois le terrain environnemental.
La fertilité moderne n’est pas seulement une question d’âge ou de volonté. Elle est aussi façonnée par notre exposition chimique quotidienne.
En parler, ce n’est pas être alarmiste. C’est être lucide.
Et la lucidité permet l’action.

Avertissement
Mayali Palma partage des informations générales sur la médecine chinoise, la santé et le bien-être uniquement à des fins d'information pour le lecteur. Le contenu affiché n'est pas destiné à offrir des conseils médicaux, un diagnostic ou un traitement individuel. Les informations fournies par l'auteur du blog ne se substituent pas aux soins médicaux et si vous avez des questions spécifiques sur une question médicale, vous devez d'abord consulter votre médecin ou un autre professionnel de la santé.
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